En cette partie du récit, nou sommes en J+3 et je me morfond dans ma chambre.

Les journées sont tellement longues et malgré les films et séries que je m'étais téléchargés, je déguste chaque minute de chaque journée.

Faut dire que tout se passe a merveille depuis le début. Quasi aucune douleur si ce n'est des tiraillements bien normaux.

Je suis toujours sous perfusions a mon grand regret. J'avais oublié de vous dire que durant l'intervention j'avais fort saigné. Comme je le précise dans un autre de mes articles, il parait que c'est beaucoup plus frequent chez les hommes que chez les femmes. Tout ça pour dire que le protocole en cas de saignements demande a etre perfusé de poches de fer. Un liquide rouge noirâtre coule goutte a goutte dans mes veines. Je n'ai pas le choix même si je me sens en super forme.

Pour preuve : a J+2, alors qu'au départ j'avais refusé la télévision, je suis parti a pieds dans un autre batiment (et il fallait passer par l'exterieur) jusqu'au admission pour que l'on me connecte. Comment je me suis fait engueuler lol

J'en peux rien, je ne tiens pas en place. je marche dans les couloirs, je descends vapoter toutes les heures et il m'est même arrivé de faire des cercles dans ma chambre la nuit pour ne pas réveiller les autres malades. C'est vous dire si je suis en train de virer taré !!

Et en ce fameux jour de j+3, je vais enfin voir pour la première fois le travail de ma chirurgienne. croire que je suis nerveux est loin de la vérité. Car si effectivement tout va bien physiquement, au niveau du mental je suis toujours en plein doute quant a son travail. j'ai un peu foncé tête baissée mais pour être honnête je n'ai jamais vu quoi que ce soit qu'elle ai faites.

Voila donc l'infirmiere... une nana vraiment top (comme tous le personnel ici... exemplaire) qui avec un petit sourire me dit : j'en connais un qui va faire moins le fier aujourd'hui.

Elle ne me le souhaite pas evidemment mais elle me raconte qu'elle en a connu des plus robustes que moi qui se sont évanoui comme des fillettes a la vue de la cicatrice.

Evidemment que j'appelle ma mère au secours a cet instant. Jusque la j'ai toujours été soutenu par une gaine qui me comprime l'abdomen et des pansements qui me cache la vue du travail chirurgical. Forcément j'étais dans ma bulle sans avoir envie d'en resortir de suite...

Mais quand faut y aller, faut y aller...

la gaine est doucement dégrafée et les pansements retirés. C'est vrai que la sensation est terriblement dérangeante. J'ai l'impression de faire une descente d'organes. Je n'ai plus aucun soutien... je morfle !

Mais surtout, en baissant la tête j'ai une vision hallucinante. Quelque chose que je n'avais jamais vu de ma vie et que j'attendais avec tellement d'impatience : du plat !

plus de plis et replis, plus de graisse ballotante, plus de pubis tombant sur le sexe... juste du plat quoi. Quelque chose de rectiligne, propre et sans obstacle. Malgré le fait que je sois fort gonflé (et cela pour quelques mois) a cause des inflamations diverses résultantes de l'intervention..

A cet instant précis je sais ce qu'est le bonheur. Je suis comme un chiot qui a trouvé une famille, une petite fille a qui on offre un poney... heuuu on va la faire viril : un petit garçon a qui on offre un avion de chasse... oui, c'est mieux !!

Dans l'euphorie et nu comme un ver je demande a l'infirmiere de me prendre sur les 4 faces en photos. La pauvre, avec moi elle aura vraiment tout subit

attention, ce qui suit n'est pas forcément pour tous les regards et je décline toute responsabilité en cas de crise cardiaque, évanouissement et décès :

 

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Je n'arrête pas de me regarder sous toutes les coutures, je me tourne et me retourne envoyant les redons cogner sur tout ce qui traine par terre. Je suis dans un état d'extase complete.

Pourtant faut avouer que pour le commun des mortels c'est plutot une vision apocalyptique. Mais pour moi c'est tellement.... d-i-f-f-e-r-e-n-t.... de tout ce que j'ai connu depuis ma plus tendre adolescence.

Et la, il est temps aussi de saluer le travail absolument incroyable du docteur Reguesse. Parce qu'une cicatrice comme celle-la a J+3 c'est limite extraterrestre hein. Moi qui traine sur bons nombres de réseaux sociaux et sur une multitude de site internet spécialisés, des cicatrices de bodylift j'en ai vu des camions entiers et des horreurs épaisses, zigzagantes, purulentes, asymetriques c'est pas ce qui manque !!

Arrive enfin le moment de la douche. J'en rêvais mais devant le fait accompli je suis moins brave. J'en arrive a crever de trouille en pensant a l'eau couler sur la cicatrice. et puis cette sensation les ami(e)s... la plus désagréable que j'ai pu vivre du haut de mes 50 ans. impossible de la décrire. Mais ca se rapproche d'une sensation de ne plus avoir de ventre et qu'en même temps une attraction invisible pousse tout ce qu'il y a dedans vers le sol...

Soyons clair, ce n'est pas douloureux du tout... mais a bien y réfléchir je prefererais !!!!!!

Tout ce dont je rêve a la minute ou on m'a retiré la gaine c'est de pouvoir la remettre et qu'on ne me la retire plus jamais au grand jamais.

Et en ce J+3 les chôses s'emballent puisqu'on m'annonce mon départ pour demain et qu'on va me retirer les perfusions et les redons... heuuu, ça va pas trop vite la tout a coup ou alors je deviens lâche ?

Voila encore un truc que je redoutais : les redons. Ca fait quand meme tres bizarre ses petites gourdes reliés a un tuyau planté a l'intérieur de votre hanche. En fait c'est d'une connerie primaire. Un petit point de suture sauté et hop on tire... j'ai même rien senti... dossier classé !

Bon bin ça y est... derniere nuit et demain je serai livré a moi-même a la maison durant plus de trois semaines... voila encore une nouvelle aventure qui commence...